Comment regarder une barre de bois rond
André Cadere (1934)
Une barre de bois rond est immuable, toute pièce étant à chaque fois différente l'une de l'autre, l'ensemble du travail étant une constellation. Cette constellation étant strictement limitée. D'un autre côté, mon activité n'a pas de suite, ni d'avenir. Il n'y a pas d'évolution, une barre de bois rond est. - Lettre à Yvon Lambert, 24 mai 1978
(Extrait de Comment regarder une barre de bois rond - par Bernard Marcelis)
Papa se met en quatre
Maman s'absente pour une soirée et une nuit car elle doit aller chez un lointain dentiste. Papa a donc la charge des sept enfants et en profite pour leur faire récurer à fond la cuisine : ce sera une surprise pour la maman à son retour.
Tous nettoient à qui mieux mieux mais papa découvre une tache oubliée. C'est « pamoi » dit chaque enfant. On découvre que la tache n'est, en fait, que l'ombre du papier tue-mouches... mais papa s'étant échiné à frotter le sol pour enlever la tache... en fera une bien claire et bien visible ! (à partir de 7 ans)
Tous nettoient à qui mieux mieux mais papa découvre une tache oubliée. C'est « pamoi » dit chaque enfant. On découvre que la tache n'est, en fait, que l'ombre du papier tue-mouches... mais papa s'étant échiné à frotter le sol pour enlever la tache... en fera une bien claire et bien visible ! (à partir de 7 ans)
Papa se met en quatre, de Hélène Riff (Albin Michel Jeunesse - 2004)
Le jour où papa a tué sa vieille tante
Un jour que mon papa était petit, sa mère l'avait fichu dehors.
En quête d'une petite vengeance, iI était allé traîner avec son arc, allez savoir pourquoi, dans le jardin de sa vieille tante.
Que se passa-t-il dans sa tête au moment où il décocha sa flèche ?
Bien sûr, la vieille tante n'était certainement pas morte...
Quoique...
Ce livre est une histoire vraie. Une petite comédie dramatique dont l'intensité révèle la gravité et la grâce avec lesquelles les enfants vivent leurs actes, parfois le plus anodins. Tous les enfants s'y reconnaîtront, même ceux devenus grands, comme le papa très respectable à qui est dédiée cette histoire.
Le jour où papa a tué sa vieille tante, de Hélène Riff (Albin Michel Jeunesse - 1997)
En quête d'une petite vengeance, iI était allé traîner avec son arc, allez savoir pourquoi, dans le jardin de sa vieille tante.
Que se passa-t-il dans sa tête au moment où il décocha sa flèche ?
Bien sûr, la vieille tante n'était certainement pas morte...
Quoique...
Ce livre est une histoire vraie. Une petite comédie dramatique dont l'intensité révèle la gravité et la grâce avec lesquelles les enfants vivent leurs actes, parfois le plus anodins. Tous les enfants s'y reconnaîtront, même ceux devenus grands, comme le papa très respectable à qui est dédiée cette histoire.
Le jour où papa a tué sa vieille tante, de Hélène Riff (Albin Michel Jeunesse - 1997)
Il pleut
Il pleut
c'est tout ce qu'il sait faire
je bouge
c'est tout c'que je sais faire
la nuit descend
c'est tout ce qu'elle sait faire
le vent souffle
c'est tout ce qu'il sait faire
il neige
c'est tout ce qu'il sait faire
j'ai peur
c'est tout c'que je sais faire
les enfants naissent
c'est tout c'qu'ils savent faire
la terre tourne
c'est tout ce qu'elle sait faire
il gèle
c'est tout ce qu'il sait faire
je pleure
c'est tout c'que je sais faire
la guerre éclate
c'est tout ce qu'elle sait faire
les bombes haches
c'est tout c'qu'elles savent faire
il tonne
c'est tout ce qu'il sait faire
je crie
c'est tout c'que je sais faire
les morts sont froids
c'est tout c'qu'ils savent faire
c'est dommage
c'est tout c'que ça peut faire
je bouge
c'est tout c'que je sais faire
la nuit descend
c'est tout ce qu'elle sait faire
le vent souffle
c'est tout ce qu'il sait faire
il neige
c'est tout ce qu'il sait faire
j'ai peur
c'est tout c'que je sais faire
les enfants naissent
c'est tout c'qu'ils savent faire
la terre tourne
c'est tout ce qu'elle sait faire
il gèle
c'est tout ce qu'il sait faire
je pleure
c'est tout c'que je sais faire
la guerre éclate
c'est tout ce qu'elle sait faire
les bombes haches
c'est tout c'qu'elles savent faire
il tonne
c'est tout ce qu'il sait faire
je crie
c'est tout c'que je sais faire
les morts sont froids
c'est tout c'qu'ils savent faire
c'est dommage
c'est tout c'que ça peut faire
Il pleut, Brigitte Fontaine (Brigitte Fontaine est folle - 1968)
Ailleurs
Les petites vacances dans les champs de fleurs...
Clovers, Tacita Dean (2008)
66 DEAD 4/5 leafed clovers, Tacita Dean (2008)
Clovers, Tacita Dean (2008)
66 DEAD 4/5 leafed clovers, Tacita Dean (2008)
Les moissons du ciel
Linda Manz dans Les moissons du ciel, de Terence Malick (1979 - reprise version restaurée MK2 Quai de Loire)
(pour ma petite souris)
Bébé se trouve tellement bien dans le ventre de maman qu'il n'a aucune envie de sortir: c'est normal, Madame Bontemps, c'est le nom de la maman, ne cesse de dialoguer avec son bébé. Il y a pourtant une chose, toute simple, qui le fera changer d'avis: une promesse de baiser de Papa. Un album tendre et poétique qui donne le goût des baisers, envie de naître et rend hommage à Frédéric Leboyer.
Bébé, texte de Fran Manushkin et illustrations de Ronald Himler (L'école des loisirs - première édition française 1976)
Jo singe garçon
Jo n’est pas un enfant comme les autres, c’est un singe-garçon. Il crie, mange avec les mains, dort suspendu à sa lampe de bureau… Un jour, ses parents, affligés, l’emmènent voir un vieux docteur pour résoudre ce problème. Mais celui-ci leur conseille de laisser Jo vivre sa vie de singe-garçon. Il changera tout seul, leur dit-il. Et Jo grandit ainsi. Mais un jour, il décide de quitter ses parents pour partir vivre avec les singes, sa véritable famille…
Avec toute sa sensibilité, Beatrice Alemagna nous transporte dans l’univers riche et malicieux d’un petit garçon différent. Un très beau texte qui évoque la prise de conscience de soi de manière poétique et humoristique, porté par un travail graphique encore différent : des compositions qui mêlent feutre, crayon et collages et nous plongent dans des atmosphères qui suggèrent sans décrire, qui évoquent la force et la fragilité du personnage.
La course
Une petite fille dont le jouet favori est un cheval en peluche ne rêve que d'une chose : voir de vrais chevaux.
Un jour, son grand-père l'emmène au champ de courses... Le jeu d'argent des adultes n'est pas à la hauteur des rêves d'une enfant. Un très bel album, où les chevaux sont traités avec de grands traits de gouache en mouvement, et les hommes croqués au crayon, sans concession mais avec tendresse. Cho Eun Young donne de la Corée populaire une représentation très inhabituelle dans les livres pour la jeunesse de son pays.
Un jour, son grand-père l'emmène au champ de courses... Le jeu d'argent des adultes n'est pas à la hauteur des rêves d'une enfant. Un très bel album, où les chevaux sont traités avec de grands traits de gouache en mouvement, et les hommes croqués au crayon, sans concession mais avec tendresse. Cho Eun Young donne de la Corée populaire une représentation très inhabituelle dans les livres pour la jeunesse de son pays.
La course, de Eun-Yeong Cho (éditions Memo - 2010)
LA FIN DU MONDE
Prendre corps
Je te flore
tu me faune
tu me faune
Je te peau
je te porte
et te fenêtre
tu m'os
tu m'océan
tu m'audace
tu me météorite
je te porte
et te fenêtre
tu m'os
tu m'océan
tu m'audace
tu me météorite
Je te clef d'or
je t'extraordinaire
tu me paroxysme
je t'extraordinaire
tu me paroxysme
Tu me paroxysme
et me paradoxe
je te clavecin
tu me silencieusement
tu me miroir
je te montre
tu me mirage
tu m'oasis
tu m'oiseau
tu m'insecte
tu me cataracte
et me paradoxe
je te clavecin
tu me silencieusement
tu me miroir
je te montre
tu me mirage
tu m'oasis
tu m'oiseau
tu m'insecte
tu me cataracte
Je te lune
tu me nuage
tu me marée haute
je te transparente
tu me pénombre
tu me translucide
tu me château vide
et me labyrinthe
tu me paralaxe
et me parabole
tu me debout
et couché
tu m'oblique
je t'équinoxe
je te poète
tu me danse
je te particulier
tu me perpendiculaire
et soupente
tu me nuage
tu me marée haute
je te transparente
tu me pénombre
tu me translucide
tu me château vide
et me labyrinthe
tu me paralaxe
et me parabole
tu me debout
et couché
tu m'oblique
je t'équinoxe
je te poète
tu me danse
je te particulier
tu me perpendiculaire
et soupente
Tu me visible
tu me silhouette
tu m'infiniment
tu m'indivisible
tu m'ironie
tu me silhouette
tu m'infiniment
tu m'indivisible
tu m'ironie
Je te fragile
je t'ardente
je te phonétiquement
tu me hiéroglyphe
tu m'espace
tu me cascade
je te cascade
à mon tour mais toi
je t'ardente
je te phonétiquement
tu me hiéroglyphe
tu m'espace
tu me cascade
je te cascade
à mon tour mais toi
tu me fluide
tu m'étoile filante
tu me volcanique
nous nous pulvérisable
nous nous scandaleusement
jour et nuit
nous nous aujourd'hui même
tu me tangente
je te concentrique
tu me volcanique
nous nous pulvérisable
nous nous scandaleusement
jour et nuit
nous nous aujourd'hui même
tu me tangente
je te concentrique
tu me soluble
tu m'insoluble
tu m'asphyxiant
et me libératrice
tu me pulsatrice
tu m'insoluble
tu m'asphyxiant
et me libératrice
tu me pulsatrice
tu me vertige
tu m'extase
tu me passionnément
tu m'absolu
je t'absente
tu m'absurde
tu m'extase
tu me passionnément
tu m'absolu
je t'absente
tu m'absurde
Prendre corps
Je te narine je te chevelure
je te hanche
tu me hantes
je te poitrine
je buste ta poitrine puis te visage
je te corsage
tu m'odeur tu me vertige
tu glisses
je te cuisse je te caresse
je te frissonne
tu m'enjambes
tu m'insupportable
je t'amazone
je te gorge je te ventre
je te jupe
je te jarretelle je te bas je te Bach
oui je te Bach pour clavecin sein et flûte
je te tremblante
tu me séduis tu m'absorbes
je te dispute
je te risque je te grimpe
tu me frôles
je te nage
mais toi tu me tourbillonnes
tu m'effleures tu me cernes
tu me chair cuir peau et morsure
tu me slip noir
tu me ballerines rouges
et quand tu ne haut-talon pas mes sens
tu les crocrodiles
tu les phoques tu les fascines
tu me couvres
je te découvre je t'invente
parfois tu te livres
tu me lèvres humides
je te délivre je te délire
tu me délires et passionnes
je t'épaule je te vertèbre je te cheville
je te cils et pupilles
et si je n'omoplate pas avant mes poumons
même à distance tu m'aisselles
je te respire
jour et nuit je te respire
je te bouche
je te palais je te dents je te griffe
je te vulve je te paupières
je te haleine
je t'aine
je te sang je te cou
je te mollets je te certitude
je te joues et te veines
je te mains
je te sueur
je te langue
je te nuque
je te navigue
je t'ombre je te corps et te fantôme
je te rétine dans mon souffle
tu t'iris
je te hanche
tu me hantes
je te poitrine
je buste ta poitrine puis te visage
je te corsage
tu m'odeur tu me vertige
tu glisses
je te cuisse je te caresse
je te frissonne
tu m'enjambes
tu m'insupportable
je t'amazone
je te gorge je te ventre
je te jupe
je te jarretelle je te bas je te Bach
oui je te Bach pour clavecin sein et flûte
je te tremblante
tu me séduis tu m'absorbes
je te dispute
je te risque je te grimpe
tu me frôles
je te nage
mais toi tu me tourbillonnes
tu m'effleures tu me cernes
tu me chair cuir peau et morsure
tu me slip noir
tu me ballerines rouges
et quand tu ne haut-talon pas mes sens
tu les crocrodiles
tu les phoques tu les fascines
tu me couvres
je te découvre je t'invente
parfois tu te livres
tu me lèvres humides
je te délivre je te délire
tu me délires et passionnes
je t'épaule je te vertèbre je te cheville
je te cils et pupilles
et si je n'omoplate pas avant mes poumons
même à distance tu m'aisselles
je te respire
jour et nuit je te respire
je te bouche
je te palais je te dents je te griffe
je te vulve je te paupières
je te haleine
je t'aine
je te sang je te cou
je te mollets je te certitude
je te joues et te veines
je te mains
je te sueur
je te langue
je te nuque
je te navigue
je t'ombre je te corps et te fantôme
je te rétine dans mon souffle
tu t'iris
je t'écris
tu me penses
tu me penses
Ghérasim Luca, extrait du recueil Paralipomènes
L'amour t'attend
Un livre illustré qui se déplie sur presque trois mètres. La lecture horizontale dévoile peu à peu, des pieds à la tête, le corps nu d’un garçon, puis, en position symétrique, celui d’une jeune fille, également nue. Ils semblent nager l’un vers l’autre, on sent le frémissement de leurs corps qui s’attirent, de leurs mains et de leurs bouches prêtes à s’unir. C’est la force de la sensualité, des impulsions données aux êtres et aux mouvements de leurs membres par l’attrait irrésistible de leurs sexes qui est montrée ici, en toute simplicité. Des couleurs vives et tendres, un dessin ferme et souple, forment le berceau de cette rencontre toute empreinte de pudeur dans la ferveur amoureuse. Ce grand tableau allongé est rythmé par un poème dont les morceaux se nichent dans diverses parties charnues des corps en émoi : épaules, cuisses, seins, mollets, fesses…, ce qui enrichit la lecture d’une jubilatoire impression d’explorer les lieux propices aux jeux érotiques. Avec cet ouvrage, on comprend qu’une oeuvre construite sur une interaction intime entre poésie et peinture se présente comme un véritable corps, et que la lecture peut devenir elle-même un acte d’amour. Conçu par Fabian Negrin pour des lecteurs en âge de s’éveiller aux joies de la rencontre avec l’autre, L’amour t’attend est un livre objet, autant destiné aux enfants qu’aux adultes, où les souvenirs des premiers ébats n’ont rien perdu de leur fraîcheur. (Dès 6 ans)
L'amour t'attend, texte et dessins de Fabian Negrin (leporello sous coffret)
L'oiseau sur le rhino
Petit Robert et le mystère du frigidaire, texte et musique de Brico Jardin, illustrations de Fabian Negrin (Livre-CD)
Collection L'oiseau sur le rhino, http://www.editionsnotari.ch/
Emporte-moi/Sweep Me off My Feet
Rest Energy, Marina Abramovic & Ulay (1980)
Emporte-moi/Sweep Me off My Feet
http://www.macval.fr/ jusqu'au 05 septembre 2010
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